dissabte, 9 de març de 2013

Convergences

Vu d’occident Israël et Palestine forment deux entités séparées physiquement, culturellement distinctes et idéologiquement antagonistes. Mais comme bien souvent il faut se méfier des représentations et se pencher plus attentivement sur la réalité car après plus de soixante ans de destins croisés, les sociétés israélienne et palestinienne loin de se tourner le dos présentent de nombreux points communs et liens d’interdépendance. Focus …



Jérusalem a la réputation d’être une ville pieuse, mais au-delà des murs de la « Old City », les nuits sont souvent animées dans les rues de la « capitale millénaire » de l’Etat d’Israël. La jeunesse de la ville aime à se retrouver dans l’un des nombreux bars qui bordent la rue jaffa. Ici on vient se divertir, boire un coup et faire des rencontres. En somme, rien de bien différent à ce qui se passe en Occident ; à un détail près… Les menus affichent des mets aux sonorités orientales où fallafels, shawarmas et autres cafés à la turc trustent les meilleures ventes.

Interrogé sur la question, Shlomo Sand ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’il nous déclare : « En plus de leur avoir volés leur terres,  nous leur avons aussi volés leur nourriture ».

L’image est saisissante et témoigne d’une réalité souvent ignorée : à force de vivre l’un à coté de l’autre, palestiniens et israéliens ont finis par s’échanger plus que des balles et des pierres.
Malgré les barrières physiques et mentales qui existent, des hommes et des femmes courageux des deux cotés se sont réunis pour apprendre à mieux se connaitre et envisager ensemble l’avenir.

C’est le cas du collectif Yad b Yad que nous avons rencontré à Beit Jala en Cisjordanie. Littéralement, yad b yad signifie « main dans la main », en hébreu et en arabe. Les deux langues font partis du groupe sémitique et comportent de nombreuses racines en commun,  autre preuve des liens qui existent entre les deux peuples. Groupe informel et non politisé, Yad b Yad a été fondé en 2008 à l’initiative de Abeer, une jeune palestinienne, dans le but de créer du changement et de mettre en place les moyens d’une coexistence. « Nous avons voulus créer ici un groupe social. Nous organisons des rencontres, des séminaires, des protestations et des activités pour les enfants » nous déclare-t-elle. L’échange est au centre des activités du groupe, « Ma présence ici est le résultat d’une longue maturation. Je suis venu pour plus de contact, pour essayer de créer des amitiés» ajoute Doron, un jeune israélien de la classe moyenne. Toutefois, en situation de guerre, l’initiative ne fait pas l’unanimité. Bayan, une jeune étudiante palestinienne aux yeux verts émeraudes aborde le problème : « Certains d’entre nous ne parlent pas de ça à leur famille. On pourrait nous traiter de traitres ! ». Le thème est sensible car beaucoup ont eu à subir la désapprobation de leurs proches. D’ailleurs le groupe n’est pas présent sur internet et évite toute communication extérieure. Les nouveaux venus sont introduits par un ami, un frère ou un collègue.
Composé principalement de jeunes gens diplômés communiquant en anglais, le groupe ne manque pas d’humour. Répondant à Mahmoud qui déclare ne pas avoir averti tous ses frères de sa présence au sein de l’association, Uri, l’un des responsable, proclame « C’est parce que tu en as 10, ça prendrais trop de temps ».

Au fil du temps, une véritable communauté s’est constituée : « Nous travaillons sur le long terme, nous déclare Uri, certains d’entre nous nous ont rejoint à l’âge de 20 ans et sont devenus parents maintenant ». Des amitiés solides se sont crées et il n’est pas rare de voir juifs et arabes s’embrasser chaleureusement. Il semblerait que le maitre mot soit la communication : « ce qui manque c’est le dialogue, conclue Uri, car quand tu connais tu ne peux pas haïr. »

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